Suivez votre progression
Connectez-vous pour enregistrer votre progression et vos tentatives de quiz.
Cours — Combinatoire et dénombrement
Principes de comptage • p-uplets • factorielle • permutations • arrangements • combinaisons • anagrammes • tirages avec/sans remise • probabilités par dénombrement • lien loi binomiale.
1) Objectifs et réflexes à maîtriser
Compétences attendues
  • Reconnaître si l’ordre compte ou non.
  • Distinguer les cas avec remise et sans remise.
  • Utiliser correctement les principes additif/multiplicatif, \(n!\), \(A_n^k\), \(\binom{n}{k}\) et les anagrammes avec répétitions.
  • Compter un univers \(\Omega\) puis un événement \(A\).
  • Calculer une probabilité par la formule \[ P(A)=\frac{\#A}{\#\Omega}. \]
  • Justifier clairement la méthode choisie dans une rédaction type Bac.
Erreurs fréquentes
  • Utiliser une combinaison alors que l’ordre compte.
  • Utiliser un arrangement alors qu’on ne demande qu’un groupe.
  • Oublier si les répétitions sont autorisées.
  • Confondre « simultanément » et « successivement ».
  • Écrire une formule sans expliquer pourquoi elle convient à la situation.
Réflexe Terminale : avant tout calcul, je réponds mentalement à trois questions : ordre ? remise ? nombre d’objets choisis ?
2) Méthode Bac : les 3 questions à se poser
Question 1 — L’ordre compte-t-il ?
  • Oui : rôles distincts, classement, code, succession ordonnée.
  • Non : groupe, équipe, comité, sélection sans hiérarchie.
Question 2 — Y a-t-il remise ?
  • Sans remise : un objet choisi disparaît du stock.
  • Avec remise : on peut réutiliser le même objet.
Question 3 — Combien d’objets choisit-on ?
C’est le nombre de places, de tirages, de rôles ou d’éléments à sélectionner.
Tableau de reconnaissance rapide
Situation Outil
Ordonner tous les éléments \(n!\)
Choisir \(k\) éléments, ordre OUI, sans remise \(A_n^k\)
Choisir \(k\) éléments, ordre NON, sans remise \(\binom{n}{k}\)
\(k\) choix indépendants parmi \(n\) possibilités \(n^k\)
Mots-clés à repérer
  • Président, secrétaire, trésorier → ordre compte.
  • Former une équipe → ordre ne compte pas.
  • Simultanément → souvent combinaison.
  • Successivement → souvent ordre compte.
  • Avec remise / avec retour → répétitions possibles.
3) Principes fondamentaux de dénombrement
Principe additif
On additionne lorsque plusieurs cas sont incompatibles, c’est-à-dire lorsqu’ils ne peuvent pas se produire en même temps.
Si une situation peut se produire selon \(r\) cas disjoints, alors : \[ N=N_1+N_2+\cdots+N_r. \]
Principe multiplicatif
On multiplie lorsqu’une situation se construit par étapes successives.
Si l’étape 1 offre \(n_1\) choix, l’étape 2 offre \(n_2\) choix, etc., alors : \[ N=n_1\times n_2\times\cdots\times n_p. \]
Exemple — Principe additif
Une association choisit un responsable parmi 12 élèves de Terminale ou parmi 9 élèves de Première. Les deux catégories sont incompatibles. \[ N=12+9=21. \]
Résultat : \(\boxed{21}\) choix possibles.
Exemple — Principe multiplicatif
Un code est formé de 2 lettres puis de 3 chiffres. Chaque lettre a 26 possibilités et chaque chiffre a 10 possibilités. \[ N=26^2\times 10^3=676000. \]
Résultat : \(\boxed{676000}\) codes possibles.
Produit cartésien et \(p\)-uplets
Si un ensemble \(E\) contient \(n\) éléments, alors le nombre de listes ordonnées de longueur \(p\), avec répétition possible, est :
\[ \#(E^p)=n^p. \]
C’est le modèle des codes, mots de passe, tirages successifs avec remise.
Arbre de décision Bac
Question Conséquence
L’ordre compte ? Oui : liste / arrangement. Non : combinaison.
Répétition possible ? Oui : puissances possibles. Non : stock qui diminue.
Tous les objets sont utilisés ? Oui : permutation. Non : choix de \(k\) objets.
Phrase de rédaction : « La situation se construit en plusieurs étapes indépendantes, donc on applique le principe multiplicatif. »
4) La factorielle
Définition
Pour tout entier \(n\ge 1\), \[ n!=n(n-1)(n-2)\cdots 2\times 1. \] Par convention : \[ 0!=1. \]
Propriétés utiles
\[ (n+1)!=(n+1)\,n! \] \[ \frac{n!}{(n-1)!}=n \qquad (n\ge 1) \]
Exemple 1 — Calculer \(5!\)
\[ 5!=5\times 4\times 3\times 2\times 1=120. \]
Résultat : \(\boxed{5!=120}\).
Attention : la factorielle ne s’applique ici qu’aux entiers naturels.
5) Permutations
Définition
Une permutation correspond à un ordre possible de tous les éléments. Si l’on dispose de \(n\) objets distincts, le nombre de permutations est : \[ n! \]
Exemple 2 — Ranger 6 livres différents
Il y a 6 choix pour la première place, puis 5, puis 4, etc. \[ 6\times 5\times 4\times 3\times 2\times 1=6! \] donc \[ \boxed{6!=720}. \]
Idée clé : permutation = on utilise tous les objets et l’ordre compte.
6) Arrangements \(A_n^k\)
Définition
Un arrangement correspond au choix de \(k\) éléments parmi \(n\), en tenant compte de l’ordre, sans remise.
\[ A_n^k=n(n-1)(n-2)\cdots(n-k+1)=\frac{n!}{(n-k)!} \]
Dans certains manuels, \(A_n^k\) est présenté comme le nombre de listes de \(k\) éléments distincts choisies parmi \(n\).
Quand utiliser \(A_n^k\) ?
  • attribuer plusieurs rôles distincts ;
  • former un classement ;
  • tirer successivement sans remise quand l’ordre est important.
Exemple 3 — Président, secrétaire, trésorier parmi 28 élèves
Les rôles sont distincts, donc l’ordre compte. \[ A_{28}^3=28\times 27\times 26. \] On obtient : \[ 28\times 27\times 26=19656. \]
Résultat : \(\boxed{19656}\) possibilités.
7) Combinaisons \(\binom{n}{k}\)
Définition
Une combinaison correspond au choix de \(k\) éléments parmi \(n\), sans tenir compte de l’ordre, sans remise.
\[ \binom{n}{k}=\frac{n!}{k!(n-k)!} \]
Propriétés utiles
\[ \binom{n}{0}=1,\qquad \binom{n}{1}=n,\qquad \binom{n}{n}=1 \] \[ \binom{n}{k}=\binom{n}{n-k} \]
Exemple 4 — Former une équipe de 4 parmi 12 élèves
Ici on choisit seulement un groupe : l’ordre ne compte pas. \[ \binom{12}{4}=\frac{12!}{4!\,8!} \] \[ \binom{12}{4}=\frac{12\times 11\times 10\times 9}{4\times 3\times 2\times 1}=495. \]
Résultat : \(\boxed{495}\) équipes possibles.
Attention : « choisir 4 élèves » et « placer 4 élèves à 4 postes » ne se traitent pas avec la même formule.
8) Tirages avec remise / sans remise
Sans remise
Chaque choix modifie le stock disponible. Le nombre de possibilités diminue au fur et à mesure.
Avec remise
Le nombre de possibilités reste constant à chaque étape. Si l’on effectue \(k\) choix parmi \(n\) possibilités, avec ordre, on obtient souvent : \[ n^k. \]
Exemple 5 — Code à 4 chiffres
Chaque chiffre peut être choisi parmi 10 possibilités (\(0\) à \(9\)), avec répétition autorisée : \[ 10^4=10000. \]
Résultat : \(\boxed{10000}\) codes possibles.
Exemple 6 — Tirer successivement 3 boules parmi 8 sans remise
Si l’ordre compte, on a : \[ A_8^3=8\times 7\times 6=336. \]
Résultat : \(\boxed{336}\) issues ordonnées.
9) Anagrammes et répétitions
Toutes les lettres sont distinctes
Si un mot contient \(n\) lettres toutes différentes, le nombre d’anagrammes est :
\[ n! \]
Certaines lettres se répètent
Si \(n_1,n_2,\ldots,n_r\) lettres identiques apparaissent par groupes, alors :
\[ \frac{n!}{n_1!\,n_2!\cdots n_r!} \]
Exemple 7 — Anagrammes du mot MAMAN
Le mot MAMAN contient 5 lettres. La lettre \(M\) apparaît 2 fois et la lettre \(A\) apparaît 2 fois. La lettre \(N\) apparaît 1 fois. \[ N=\frac{5!}{2!\,2!} =\frac{120}{4} =30. \]
Résultat : \(\boxed{30}\) anagrammes différentes.
Exemple 8 — Anagrammes du mot MATHEMATIQUES
Le mot MATHEMATIQUES contient 12 lettres. Les répétitions sont : \(M\) deux fois, \(A\) deux fois, \(T\) deux fois, \(E\) deux fois. Les autres lettres apparaissent une seule fois. \[ N=\frac{12!}{2!\,2!\,2!\,2!} =\frac{12!}{16}. \]
Résultat : \(\boxed{\dfrac{12!}{16}}\) anagrammes différentes.
Piège classique : si deux lettres identiques sont échangées, on ne crée pas une nouvelle anagramme. C’est pourquoi on divise par les factorielles des répétitions.
10) Probabilités par dénombrement
Principe
En situation d’équiprobabilité : \[ P(A)=\frac{\#A}{\#\Omega} \] où \(\#\Omega\) est le nombre total de cas possibles et \(\#A\) le nombre de cas favorables.
Étapes de rédaction
  • décrire clairement l’univers \(\Omega\) ;
  • choisir la bonne formule de comptage ;
  • compter les cas favorables ;
  • former le quotient et simplifier si possible.
Attention
La formule \(\dfrac{\#A}{\#\Omega}\) n’est valable directement que si toutes les issues élémentaires sont équiprobables.
Exemple 9 — Tirage simultané de 3 boules parmi 10
Une urne contient 6 boules rouges et 4 boules bleues. On tire 3 boules simultanément. On cherche la probabilité d’obtenir exactement 2 rouges.
Univers : \[ \#\Omega=\binom{10}{3}. \] Cas favorables : \[ \#A=\binom{6}{2}\binom{4}{1}. \] Donc : \[ P(A)=\frac{\binom{6}{2}\binom{4}{1}}{\binom{10}{3}} =\frac{15\times 4}{120} =\frac{60}{120} =\frac12. \]
Résultat : \(\boxed{P(A)=\dfrac12}\).
Exemple 10 — Deux cartes successives sans remise
Dans un jeu de 52 cartes, on tire successivement 2 cartes sans remise. Probabilité d’obtenir « As puis Roi ».
Univers ordonné : \[ \#\Omega=A_{52}^2=52\times 51. \] Cas favorables : \[ \#A=4\times 4=16. \] Donc : \[ P(A)=\frac{16}{52\times 51}. \] On peut simplifier : \[ P(A)=\frac{4}{663}. \]
Résultat : \(\boxed{P(A)=\dfrac{4}{663}}\).
11) Identités utiles
Lien arrangement / combinaison
\[ A_n^k=\binom{n}{k}\,k! \]
On choisit un groupe de \(k\) éléments, puis on l’ordonne.
Relation de Pascal
\[ \binom{n}{k}=\binom{n-1}{k}+\binom{n-1}{k-1} \]
Très utile dans les démonstrations et les simplifications.
Justification rapide de la relation de Pascal
Pour choisir \(k\) éléments parmi \(n\), on fixe un élément \(E\).
  • soit on ne prend pas \(E\) : \(\binom{n-1}{k}\) choix ;
  • soit on prend \(E\) : il reste à choisir \(k-1\) éléments parmi \(n-1\), soit \(\binom{n-1}{k-1}\) choix.
D’où : \[ \binom{n}{k}=\binom{n-1}{k}+\binom{n-1}{k-1}. \]
12) Lien avec la loi binomiale
Pourquoi les combinaisons apparaissent ?
Dans une répétition de \(n\) expériences indépendantes, obtenir exactement \(k\) succès signifie choisir les \(k\) positions où les succès apparaissent.
\[ \text{nombre de choix des positions}=\binom{n}{k}. \]
Formule à reconnaître
Si \(X\) suit une loi binomiale de paramètres \(n\) et \(p\), alors :
\[ P(X=k)=\binom{n}{k}p^k(1-p)^{n-k}. \]
Exemple 11 — Exactement 3 succès en 8 répétitions
On répète 8 fois une expérience indépendante. La probabilité de succès à chaque essai est \(p\). Pour avoir exactement 3 succès :
  • on choisit les 3 positions des succès : \(\binom{8}{3}\) ;
  • les 3 succès donnent un facteur \(p^3\) ;
  • les 5 échecs donnent un facteur \((1-p)^5\).
Donc : \[ P(X=3)=\binom{8}{3}p^3(1-p)^5. \]
Idée clé : \(\binom{n}{k}\) compte les positions des succès.
13) Mini-formulaire à connaître
Comptage
\[ n!=n(n-1)\cdots 2\times 1,\qquad 0!=1 \] \[ A_n^k=\frac{n!}{(n-k)!} \] \[ \binom{n}{k}=\frac{n!}{k!(n-k)!} \] \[ A_n^k=\binom{n}{k}k! \] \[ \#(E^p)=n^p \] \[ \text{anagrammes avec répétitions : }\frac{n!}{n_1!n_2!\cdots n_r!} \]
Probabilités
\[ P(A)=\frac{\#A}{\#\Omega} \] \[ \text{avec ordre et remise : } n^k \] \[ \text{ordre OUI sans remise : } A_n^k \] \[ \text{ordre NON sans remise : } \binom{n}{k} \] \[ P(X=k)=\binom{n}{k}p^k(1-p)^{n-k} \]
Checklist “copie parfaite”
  • Je commence par demander si l’ordre compte.
  • Je vérifie si le tirage est avec ou sans remise.
  • Je distingue clairement addition de cas et multiplication d’étapes.
  • Je choisis la bonne formule et je la justifie.
  • En probabilités, je définis clairement \(\Omega\) et \(A\).
  • Je simplifie les quotients avant de calculer de gros nombres si possible.
  • Pour les anagrammes, je divise par les factorielles des répétitions.
  • Je rédige proprement avec les notations mathématiques adaptées.
Dernier rappel : le plus grand piège en combinatoire est de confondre sélection et sélection ordonnée.