Terminale Spécialité Mathématiques

Révision Bac — Probabilités, combinatoire et loi des grands nombres

Une fiche unique pour réviser les chapitres qui se mélangent souvent au Bac : probabilités conditionnelles, dénombrement, combinaisons, loi binomiale et loi des grands nombres.

Conditionnelles Dénombrement Combinaisons Loi binomiale Grands nombres

Méthode Bac essentielle

Dans ce bloc, la difficulté est rarement une formule isolée. Il faut d’abord reconnaître le modèle : tirage avec ou sans remise, ordre important ou non, indépendance, conditionnement, répétition d’épreuves identiques.

Réflexe : définir clairement l’univers, l’événement, puis choisir l’outil : arbre, formule conditionnelle, dénombrement, binomiale ou concentration.

Sommaire

  1. Partie I — Questions de cours
  2. Partie II — Applications directes
  3. Partie III — Exercices type Bac
  4. Partie IV — Bilan méthode

Partie I — Questions de cours

Répondre de manière claire, concise et correctement rédigée. Chaque bloc pose une question de cours ; la formule essentielle est donnée uniquement dans la correction.

Question 1 — Probabilité conditionnelle

Quelle est la formule de la probabilité de \(B\) sachant \(A\), lorsque \(P(A)>0\) ?

Correction

Une probabilité conditionnelle se lit « probabilité de \(B\) sachant que \(A\) est réalisé ». La condition est donc l’évènement placé au dénominateur.

\[ \boxed{P_A(B)=P(B\mid A)=\frac{P(A\cap B)}{P(A)}} \]

Question 2 — Intersection avec une probabilité conditionnelle

Comment calculer \(P(A\cap B)\) lorsqu’on connaît \(P(A)\) et \(P_A(B)\) ?

Correction

Dans un arbre pondéré, une intersection correspond à un chemin complet. On multiplie les probabilités rencontrées sur ce chemin.

\[ \boxed{P(A\cap B)=P(A)\times P_A(B)} \]

Question 3 — Formule des probabilités totales

Quelle formule utiliser lorsque \(A\) et \(\overline A\) forment deux cas possibles ?

Correction

On additionne les chemins qui mènent au même évènement. Cette formule est très utile lorsqu’un arbre pondéré contient deux branches principales : \(A\) et \(\overline A\).

\[ \boxed{P(B)=P(A\cap B)+P(\overline A\cap B)} \] \[ \boxed{P(B)=P(A)P_A(B)+P(\overline A)P_{\overline A}(B)} \]

Question 4 — Probabilité inverse

Comment calculer une probabilité du type « \(A\) sachant \(B\) » ?

Correction

Une probabilité inverse apparaît souvent après une phrase comme : « on sait que la connexion est stable » ou « sachant que le test est positif ». L’évènement connu devient la condition.

\[ \boxed{P_B(A)=P(A\mid B)=\frac{P(A\cap B)}{P(B)}} \]

Question 5 — Indépendance

Comment vérifier que deux événements \(A\) et \(B\) sont indépendants ?

Correction

Deux événements sont indépendants lorsque la réalisation de l’un ne change pas la probabilité de l’autre.

\[ \boxed{A \text{ et } B \text{ indépendants }\Longleftrightarrow P(A\cap B)=P(A)P(B)} \]

Si \(P(A)>0\), on peut aussi vérifier :

\[ \boxed{P_A(B)=P(B)} \]

Question 6 — Arrangement

Quelle formule utiliser pour choisir \(k\) objets parmi \(n\) lorsque l’ordre compte ?

Correction

On utilise un arrangement lorsque les positions ou les rôles sont différents. Exemple : choisir un président, un secrétaire et un trésorier.

\[ \boxed{A_n^k=n(n-1)\cdots(n-k+1)=\frac{n!}{(n-k)!}} \]

Question 7 — Combinaison

Quelle formule utiliser pour choisir \(k\) objets parmi \(n\) lorsque l’ordre ne compte pas ?

Correction

On utilise une combinaison lorsqu’on forme un groupe sans ordre et sans rôle particulier. Exemple : choisir \(5\) élèves parmi \(12\).

\[ \boxed{\binom{n}{k}=\frac{n!}{k!(n-k)!}} \]

Question 8 — Loi binomiale

Quelles conditions faut-il vérifier pour affirmer que \(X\sim\mathcal B(n;p)\) ?

Correction
  1. On répète \(n\) fois la même expérience.
  2. Chaque expérience a deux issues : succès ou échec.
  3. La probabilité de succès est constante et vaut \(p\).
  4. Les répétitions sont indépendantes.
  5. La variable \(X\) compte le nombre de succès.
\[ \boxed{P(X=k)=\binom{n}{k}p^k(1-p)^{n-k}} \] \[ \boxed{E(X)=np \qquad V(X)=np(1-p)} \]

Question 9 — Espérance, variance et écart-type

Quelles sont les formules à connaître pour une variable aléatoire discrète \(X\) ?

Correction

L’espérance représente la moyenne théorique. La variance mesure la dispersion autour de cette moyenne. L’écart-type est la racine carrée de la variance.

\[ \boxed{E(X)=\sum_i p_i x_i} \] \[ \boxed{V(X)=\sum_i p_i\bigl(x_i-E(X)\bigr)^2=E(X^2)-\bigl(E(X)\bigr)^2} \] \[ \boxed{\sigma(X)=\sqrt{V(X)}} \]

Question 10 — Transformation affine

Si \(Y=aX+b\), quelles sont les formules de \(E(Y)\), \(V(Y)\) et \(\sigma(Y)\) ?

Correction

Ajouter \(b\) décale la moyenne, mais ne change pas la dispersion. Multiplier par \(a\) multiplie l’écart-type par \(|a|\) et la variance par \(a^2\).

\[ \boxed{E(aX+b)=aE(X)+b} \] \[ \boxed{V(aX+b)=a^2V(X)} \] \[ \boxed{\sigma(aX+b)=|a|\sigma(X)} \]

Question 11 — Somme et moyenne d’échantillon

Quelles formules utiliser pour une somme \(S_n=X_1+X_2+\cdots+X_n\) et une moyenne \(M_n=\dfrac{S_n}{n}\) ?

Correction

L’espérance d’une somme se calcule toujours en additionnant les espérances. Pour additionner les variances, il faut l’indépendance.

\[ \boxed{E(S_n)=E(X_1)+E(X_2)+\cdots+E(X_n)} \] \[ \boxed{V(S_n)=V(X_1)+V(X_2)+\cdots+V(X_n)} \quad \text{si les variables sont indépendantes.} \]

Si les \(X_i\) sont indépendantes et de même loi que \(X\), alors :

\[ \boxed{E(M_n)=E(X) \qquad V(M_n)=\frac{V(X)}{n}} \]

Question 12 — Bienaymé-Tchebychev et loi des grands nombres

Quelle inégalité permet de contrôler l’écart à l’espérance ?

Correction

L’inégalité de Bienaymé-Tchebychev permet de majorer la probabilité de s’éloigner de l’espérance. Pour une moyenne d’échantillon, plus \(n\) est grand, plus la variance est petite : c’est l’idée de la loi faible des grands nombres.

\[ \boxed{P\left(|X-E(X)|\geq a\right)\leq \frac{V(X)}{a^2}} \]

Pour une moyenne \(M_n\), on utilise souvent :

\[ \boxed{P\left(|M_n-E(X)|\geq a\right)\leq \frac{V(X)}{na^2}} \]

Partie II — Applications directes

Application 1 — Conditionnelle

On sait que \(P(A)=0{,}4\) et \(P(A\cap B)=0{,}18\). Calculer \(P_A(B)\).

Correction détaillée \[ P_A(B)=\frac{P(A\cap B)}{P(A)} = \frac{0{,}18}{0{,}4} = 0{,}45. \] \[ \boxed{P_A(B)=0{,}45} \]

Application 2 — Dénombrement

Dans une classe de 30 élèves, on choisit une délégation de 4 élèves. Combien y a-t-il de délégations possibles ?

Correction détaillée

L’ordre ne compte pas, donc on utilise une combinaison :

\[ \binom{30}{4} = \frac{30\times29\times28\times27}{4\times3\times2\times1} = 27405. \] \[ \boxed{27405} \]

Application 3 — Loi binomiale

On lance 10 fois une pièce équilibrée. Soit \(X\) le nombre de piles. Donner \(P(X=6)\).

Correction détaillée

On a \(X\sim\mathcal B(10;0{,}5)\).

\[ P(X=6)=\binom{10}{6}(0{,}5)^6(0{,}5)^4 = \binom{10}{6}(0{,}5)^{10}. \] \[ \boxed{P(X=6)=\binom{10}{6}(0{,}5)^{10}} \]

Application 4 — Tester une indépendance

Dans une expérience aléatoire, on sait que \(P(A)=0{,}30\), \(P(B)=0{,}50\) et \(P(A\cap B)=0{,}15\).

  1. Dire ce que signifie concrètement « \(A\) et \(B\) sont indépendants ».
  2. Écrire le calcul qui permet de tester l’indépendance.
  3. Conclure : les événements \(A\) et \(B\) sont-ils indépendants ?
Correction détaillée

Deux événements sont indépendants lorsque la réalisation de l’un ne change pas la probabilité de l’autre. Pour le vérifier, on compare \(P(A\cap B)\) avec \(P(A)\times P(B)\).

\[ P(A)\times P(B)=0{,}30\times 0{,}50=0{,}15. \]

Or on sait que :

\[ P(A\cap B)=0{,}15. \]

Donc :

\[ P(A\cap B)=P(A)P(B). \] \[ \boxed{A\text{ et }B\text{ sont indépendants.}} \]

Application 5 — Arrangement : l’ordre compte

Dans une association de \(12\) élèves, on veut choisir un président, un secrétaire et un trésorier. Un même élève ne peut pas avoir deux rôles.

  1. Expliquer pourquoi l’ordre compte dans cette situation.
  2. Calculer le nombre de choix possibles.
  3. Dire pourquoi on n’utilise pas directement une combinaison.
Correction détaillée

Ici, les rôles sont différents. Choisir Alice présidente et Karim secrétaire n’est pas la même chose que choisir Karim président et Alice secrétaire. Donc l’ordre compte.

Pour le président, il y a \(12\) choix. Ensuite il reste \(11\) choix pour le secrétaire, puis \(10\) choix pour le trésorier.

\[ 12\times 11\times 10=1320. \] \[ \boxed{1320\text{ choix possibles}} \]

On n’utilise pas une combinaison simple, car une combinaison ne tient pas compte de l’ordre ni des rôles différents.

Application 6 — Combinaison : l’ordre ne compte pas

Dans un groupe de \(12\) élèves, on choisit \(5\) élèves pour participer à un concours. Les élèves choisis ont tous le même rôle.

  1. Expliquer pourquoi l’ordre ne compte pas.
  2. Choisir la bonne notation de dénombrement.
  3. Calculer le nombre de groupes possibles.
Correction détaillée

L’ordre ne compte pas, car le groupe \(A,B,C,D,E\) est le même que le groupe \(E,D,C,B,A\). On utilise donc une combinaison.

\[ \binom{12}{5} = \frac{12\times 11\times 10\times 9\times 8}{5\times 4\times 3\times 2\times 1} =792. \] \[ \boxed{792\text{ groupes possibles}} \]

Application 7 — Somme de variables aléatoires : espérance

Un joueur marque un nombre aléatoire de points à trois matchs différents. On note \(X_1\), \(X_2\) et \(X_3\) les nombres de points marqués. On donne :

\[ E(X_1)=18, \qquad E(X_2)=21, \qquad E(X_3)=16. \]

On pose \(S=X_1+X_2+X_3\).

  1. Dire ce que représente \(S\) dans le contexte.
  2. Expliquer pourquoi l’espérance d’une somme se calcule en additionnant les espérances.
  3. Calculer \(E(S)\).
Correction détaillée

La variable \(S\) représente le nombre total de points marqués sur les trois matchs.

L’espérance est linéaire : on peut additionner les espérances, même sans hypothèse d’indépendance.

\[ E(S)=E(X_1+X_2+X_3) =E(X_1)+E(X_2)+E(X_3). \] \[ E(S)=18+21+16=55. \] \[ \boxed{E(S)=55} \]

Sur trois matchs, le joueur marque donc en moyenne \(55\) points au total.

Application 8 — Somme de variables indépendantes : variance

On reprend trois variables aléatoires \(X_1\), \(X_2\) et \(X_3\), supposées indépendantes. On donne :

\[ V(X_1)=4, \qquad V(X_2)=9, \qquad V(X_3)=6. \]

On pose \(S=X_1+X_2+X_3\).

  1. Dire pourquoi l’indépendance est importante pour additionner les variances.
  2. Calculer \(V(S)\).
  3. Donner l’écart-type de \(S\).
Correction détaillée

Pour les variances, on ne peut pas toujours additionner directement. La règle \(V(X+Y)=V(X)+V(Y)\) est valable lorsque les variables sont indépendantes.

Ici, les variables \(X_1\), \(X_2\) et \(X_3\) sont indépendantes, donc :

\[ V(S)=V(X_1)+V(X_2)+V(X_3). \] \[ V(S)=4+9+6=19. \] \[ \boxed{V(S)=19} \]

L’écart-type vaut :

\[ \sigma(S)=\sqrt{19}. \]

Application 9 — Moyenne d’échantillon : espérance et variance

Une variable aléatoire \(X\) a pour espérance \(22\) et pour variance \(65\). On considère \(50\) variables aléatoires indépendantes \(X_1, X_2, \ldots, X_{50}\), qui suivent toutes la même loi que \(X\). On pose :

\[ M_{50}=\frac{X_1+X_2+\cdots+X_{50}}{50}. \]
  1. Dire ce que représente \(M_{50}\).
  2. Calculer \(E(M_{50})\).
  3. Calculer \(V(M_{50})\).
Correction détaillée

La variable \(M_{50}\) représente la moyenne des \(50\) valeurs observées.

Pour une moyenne de variables de même espérance :

\[ E(M_{50})=22. \]

Pour la variance, comme les variables sont indépendantes :

\[ V(X_1+\cdots+X_{50})=50\times 65. \]

Puis, comme on divise par \(50\), la variance est divisée par \(50^2\) :

\[ V(M_{50})=\frac{50\times 65}{50^2} = \frac{65}{50} =1{,}3. \] \[ \boxed{E(M_{50})=22\qquad V(M_{50})=1{,}3} \]

Application 10 — Transformation affine

Une variable aléatoire \(X\) vérifie \(E(X)=12\) et \(V(X)=9\). On définit \(Y=2X+5\).

  1. Dire quelle formule permet de calculer \(E(Y)\).
  2. Calculer \(E(Y)\).
  3. Dire pourquoi la constante \(+5\) ne change pas la variance.
  4. Calculer \(V(Y)\), puis \(\sigma(Y)\).
Correction détaillée

On utilise les formules de transformation affine.

\[ E(Y)=E(2X+5)=2E(X)+5=2\times 12+5=29. \]

Pour la variance, seul le coefficient multiplicatif agit :

\[ V(Y)=V(2X+5)=2^2V(X)=4\times 9=36. \] \[ \sigma(Y)=\sqrt{36}=6. \] \[ \boxed{E(Y)=29\qquad V(Y)=36\qquad \sigma(Y)=6} \]

Application 11 — Somme de variables : espérance et variance

On considère deux variables aléatoires indépendantes \(X\) et \(Y\) telles que :

\[ E(X)=8,\quad V(X)=5,\qquad E(Y)=11,\quad V(Y)=7. \]

On pose \(S=X+Y\).

  1. Dire ce que représente \(S\) si \(X\) et \(Y\) sont deux scores obtenus à deux parties.
  2. Calculer \(E(S)\). Cette formule demande-t-elle l’indépendance ?
  3. Calculer \(V(S)\). Quelle hypothèse est utilisée ?
  4. Calculer \(\sigma(S)\).
Correction détaillée

La variable \(S\) représente le score total sur deux parties.

\[ E(S)=E(X+Y)=E(X)+E(Y)=8+11=19. \]

Cette formule ne demande pas l’indépendance.

Comme \(X\) et \(Y\) sont indépendantes :

\[ V(S)=V(X+Y)=V(X)+V(Y)=5+7=12. \] \[ \sigma(S)=\sqrt{12}=2\sqrt3. \] \[ \boxed{E(S)=19\qquad V(S)=12\qquad \sigma(S)=2\sqrt3} \]

Application 12 — Moyenne d’échantillon

Une variable aléatoire \(X\) a pour espérance \(50\) et pour variance \(16\). On considère \(n=64\) variables indépendantes de même loi que \(X\), puis leur moyenne \(M_{64}\).

  1. Écrire la définition de \(M_{64}\).
  2. Calculer \(E(M_{64})\).
  3. Calculer \(V(M_{64})\).
  4. Calculer \(\sigma(M_{64})\).
  5. Expliquer pourquoi la moyenne est plus stable qu’une seule observation.
Correction détaillée \[ M_{64}=\frac{X_1+X_2+\cdots+X_{64}}{64}. \] \[ E(M_{64})=E(X)=50. \] \[ V(M_{64})=\frac{V(X)}{64}=\frac{16}{64}=0{,}25. \] \[ \sigma(M_{64})=\sqrt{0{,}25}=0{,}5. \]

La variance de la moyenne est beaucoup plus petite que celle de \(X\), donc les valeurs de \(M_{64}\) sont plus concentrées autour de \(50\).

Application 13 — Bienaymé-Tchebychev

Une variable aléatoire \(X\) vérifie \(E(X)=100\) et \(V(X)=25\).

  1. Traduire l’événement « \(X\) s’éloigne de sa moyenne d’au moins \(10\) ».
  2. Appliquer l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev.
  3. En déduire une minoration de \(P(90\lt X\lt 110)\).
Correction détaillée

L’événement demandé est :

\[ |X-100|\geq 10. \]

Par Bienaymé-Tchebychev :

\[ P(|X-100|\geq 10)\leq \frac{25}{10^2}=\frac{25}{100}=0{,}25. \]

Donc l’événement contraire vérifie :

\[ P(|X-100|<10)\geq 1-0{,}25=0{,}75. \]

Or \(|X-100|<10\) équivaut à \(90\lt X\lt 110\).

\[ \boxed{P(90\lt X\lt 110)\geq 0{,}75} \]

Application 14 — Inégalité de concentration sur une moyenne

Une variable aléatoire \(X\) a pour espérance \(4\) et pour variance \(2{,}25\). On considère la moyenne \(M_{20}\) de \(20\) variables indépendantes de même loi que \(X\).

  1. Calculer \(E(M_{20})\).
  2. Calculer \(V(M_{20})\).
  3. Utiliser Bienaymé-Tchebychev pour majorer \(P(|M_{20}-4|\geq 2)\).
  4. En déduire une minoration de \(P(2\lt M_{20}\lt 6)\).
Correction détaillée \[ E(M_{20})=4. \] \[ V(M_{20})=\frac{2{,}25}{20}=0{,}1125. \]

Avec \(a=2\), on obtient :

\[ P(|M_{20}-4|\geq 2) \leq \frac{0{,}1125}{2^2} =0{,}028125. \]

Donc :

\[ P(|M_{20}-4|<2) \geq 1-0{,}028125 =0{,}971875. \]

Or \(|M_{20}-4|<2\) équivaut à \(2\lt M_{20}\lt 6\).

\[ \boxed{P(2\lt M_{20}\lt 6)\geq 0{,}971875\gt 0{,}97} \]

Partie III — Exercices type Bac guidés

Dans cette partie, les questions ne demandent pas seulement d’appliquer une formule. Chaque exercice est découpé pour aider l’élève à comprendre l’énoncé, identifier les événements, traduire la situation en probabilités, puis calculer et interpréter.

Exercice Bac 1 — Serveurs, stabilité et connexions instables

Pour accéder au réseau privé d’une entreprise depuis l’extérieur, les connexions des employés transitent aléatoirement via trois serveurs distants différents, notés \(A\), \(B\) et \(C\).

  • \(25\,\%\) des connexions transitent via le serveur \(A\).
  • \(15\,\%\) des connexions transitent via le serveur \(B\).
  • Le reste des connexions s’effectue via le serveur \(C\).

Une connexion est dite stable si l’utilisateur ne subit pas de déconnexion. On sait que :

  • \(90\,\%\) des connexions via \(A\) sont stables.
  • \(80\,\%\) des connexions via \(B\) sont stables.
  • \(85\,\%\) des connexions via \(C\) sont stables.

On note \(S\) l’événement : « la connexion est stable ».

Figure 1 : arbre pondéré avec premier niveau A, B, C puis second niveau S et non S.
Figure 1 — Arbre pondéré. On choisit d’abord le serveur \(A\), \(B\) ou \(C\), puis on étudie l’état de la connexion : stable \(S\) ou instable \(\overline S\).
  1. Lire l’énoncé et identifier les trois chemins possibles au premier niveau de l’arbre.
    1. Quelle est la probabilité de passer par le serveur \(A\) ?
    2. Quelle est la probabilité de passer par le serveur \(B\) ?
    3. En déduire la probabilité de passer par le serveur \(C\).
  2. Traduire les données de stabilité en probabilités conditionnelles : \(P_A(S)\), \(P_B(S)\) et \(P_C(S)\).
  3. On cherche la probabilité qu’une connexion passe par le serveur \(B\) et soit stable.
    1. Repérer le chemin correspondant dans l’arbre.
    2. Traduire cette situation par une intersection d’événements.
    3. Calculer la probabilité correspondante.
  4. On cherche la probabilité qu’une connexion passe par le serveur \(C\) et soit instable.
    1. Traduire la situation avec les événements \(C\) et \(\overline S\).
    2. Calculer cette probabilité.
    3. Interpréter le résultat dans le contexte.
  5. Pour calculer la probabilité qu’une connexion soit stable, repérer tous les chemins qui se terminent par \(S\), puis additionner les probabilités de ces chemins.
  6. On sait maintenant que la connexion est stable. On veut savoir quelle est la probabilité qu’elle soit passée par le serveur \(B\).
    1. Expliquer pourquoi il s’agit d’une probabilité conditionnelle.
    2. Identifier le numérateur et le dénominateur.
    3. Calculer la probabilité demandée, arrondie au millième.
  7. On choisit \(50\) connexions indépendantes et on note \(X\) le nombre de connexions instables.
    1. Quelle est la probabilité qu’une connexion soit instable ?
    2. Pourquoi peut-on utiliser une loi binomiale ?
    3. Donner la loi de \(X\), puis calculer \(P(X\leq 8)\).
  8. On choisit maintenant \(n\) connexions.
    1. Traduire « au moins une connexion instable » avec l’événement contraire.
    2. Donner l’expression de \(p_n\).
    3. Déterminer le plus petit entier \(n\) tel que \(p_n\geq 0{,}99\).
  9. On note \(F_n\) la fréquence de connexions instables dans un échantillon de \(n\) connexions.
    1. Calculer \(E(F_n)\).
    2. Utiliser l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev pour justifier l’encadrement demandé.
    3. Pour \(n=1000\), interpréter le fait que \(F_{1000}=0{,}3\).
Indice détaillé
Comprendre : les serveurs \(A\), \(B\), \(C\) forment une partition. Donc leurs probabilités doivent faire \(1\).
Traduire : « passe par \(B\) et est stable » signifie \(B\cap S\). Sur un arbre, on multiplie les branches du chemin.
Conditionner : « sachant que la connexion est stable » signifie qu’on travaille dans l’univers réduit \(S\), donc on calcule \(P_S(B)\).
Binomiale : le succès peut être « connexion instable », avec la probabilité \(0{,}145\).
Correction détaillée
\[ P(C)=1-0{,}25-0{,}15=0{,}60. \] \[ P_A(S)=0{,}90,\qquad P_B(S)=0{,}80,\qquad P_C(S)=0{,}85. \]

Le chemin « serveur \(B\), puis stable » correspond à \(B\cap S\).

\[ P(B\cap S)=P(B)P_B(S)=0{,}15\times0{,}80=0{,}12. \]

Le chemin « serveur \(C\), puis instable » correspond à \(C\cap\overline S\).

\[ P(C\cap\overline S)=P(C)P_C(\overline S)=0{,}60\times0{,}15=0{,}09. \]

Cela signifie que \(9\,\%\) des connexions passent par le serveur \(C\) et sont instables.

\[ P(S)=0{,}25\times0{,}90+0{,}15\times0{,}80+0{,}60\times0{,}85=0{,}855. \] \[ P_S(B)=\frac{P(B\cap S)}{P(S)}=\frac{0{,}12}{0{,}855}\approx 0{,}140. \]

La probabilité d’une connexion instable est :

\[ 1-P(S)=1-0{,}855=0{,}145. \]

Donc :

\[ X\sim\mathcal B(50;0{,}145), \qquad P(X\leq 8)\approx 0{,}704. \]

Pour au moins une connexion instable :

\[ p_n=1-P(X_n=0)=1-(0{,}855)^n. \] \[ 1-(0{,}855)^n\geq0{,}99 \Longleftrightarrow (0{,}855)^n\leq0{,}01. \]

La plus petite valeur qui convient est :

\[ \boxed{n=30}. \]

Pour la fréquence \(F_n=\dfrac{X_n}{n}\) :

\[ E(F_n)=\frac{E(X_n)}{n}=\frac{0{,}145n}{n}=0{,}145. \]

Comme \(V(F_n)=\dfrac{0{,}123975}{n}\), Bienaymé-Tchebychev donne :

\[ P\left(|F_n-0{,}145|\geq0{,}1\right) \leq \frac{V(F_n)}{0{,}1^2} = \frac{0{,}123975}{0{,}01n} = \frac{12{,}3975}{n} \leq \frac{12{,}5}{n}. \]

Pour \(n=1000\), la fréquence observée \(0{,}3\) est très éloignée de \(0{,}145\). L’écart est \(0{,}155\), supérieur à \(0{,}1\). Le responsable a donc raison de soupçonner un dysfonctionnement.

Exercice Bac 2 — Basket-ball, points et moyenne de matchs

Victor tente des paniers à trois points. À l’entraînement, il réussit un panier à trois points avec une probabilité \(0{,}32\). Il effectue une série de \(15\) lancers indépendants. On note \(N\) le nombre de paniers marqués.

  1. Comprendre la situation : quel est le succès dans un lancer ? Quelle est sa probabilité ?
  2. Justifier que \(N\) suit une loi binomiale, puis donner ses paramètres.
  3. On cherche la probabilité que Victor réussisse exactement \(4\) paniers.
    1. Quelle valeur de \(N\) correspond à cette phrase ?
    2. Quelle formule de la loi binomiale faut-il utiliser ?
    3. Calculer la probabilité, arrondie au millième.
  4. On cherche la probabilité que Victor réussisse au plus \(6\) paniers.
    1. Traduire « au plus \(6\) » avec une inégalité sur \(N\).
    2. Calculer la probabilité correspondante.
  5. Déterminer l’espérance de \(N\), puis interpréter cette valeur.
  6. On note \(T\) le nombre de points marqués dans la série.
    1. Expliquer pourquoi \(T=3N\).
    2. En déduire \(E(T)\).
    3. Traduire \(12\leq T\leq18\) en une condition sur \(N\), puis calculer la probabilité.
  7. Dans un match, Victor marque un nombre de points modélisé par une variable \(X\) telle que \(E(X)=22\) et \(V(X)=65\). Il joue \(50\) matchs.
    1. Que représente \(M_{50}\) ?
    2. Calculer \(E(M_{50})\) et \(V(M_{50})\).
    3. Utiliser Bienaymé-Tchebychev pour encadrer \(P(|M_{50}-22|\geq3)\).
    4. Dire si l’affirmation « il n’existe aucun \(n\) tel que \(P(|M_n-22|\geq3)<0{,}01\) » est vraie ou fausse.
Indice détaillé

Ici, le succès est « Victor réussit un panier à trois points ». Chaque lancer rapporte \(3\) points s’il est réussi, donc le nombre de points est proportionnel au nombre de réussites.

\[ T=3N. \]

Pour la moyenne de \(n\) matchs, on utilise :

\[ E(M_n)=E(X), \qquad V(M_n)=\frac{V(X)}{n}. \]
Correction détaillée

Les \(15\) lancers sont indépendants et la probabilité de réussite est constante.

\[ N\sim\mathcal B(15;0{,}32). \] \[ P(N=4)=\binom{15}{4}(0{,}32)^4(0{,}68)^{11}\approx 0{,}206. \] \[ P(N\leq6)=\sum_{k=0}^{6}\binom{15}{k}(0{,}32)^k(0{,}68)^{15-k}\approx 0{,}828. \] \[ E(N)=15\times0{,}32=4{,}8. \]

Victor réussit en moyenne \(4{,}8\) paniers à trois points sur une série de \(15\) lancers.

\[ T=3N, \qquad E(T)=3E(N)=14{,}4. \]

Donc Victor marque en moyenne \(14{,}4\) points sur cette série.

\[ 12\leq T\leq18 \Longleftrightarrow 4\leq N\leq6. \] \[ P(12\leq T\leq18)=P(4\leq N\leq6)\approx 0{,}586. \]

Pour \(M_{50}\), il s’agit de la moyenne des points marqués par Victor sur \(50\) matchs.

\[ E(M_{50})=22, \qquad V(M_{50})=\frac{65}{50}=1{,}3. \] \[ P(|M_{50}-22|\geq3)\leq\frac{1{,}3}{3^2}=\frac{13}{90}. \]

Donc \(P(19\lt M_{50}\lt 25)>1-\frac{13}{90}=\frac{77}{90}\approx 0{,}856\gt 0{,}85\).

Pour un entier \(n\) quelconque :

\[ P(|M_n-22|\geq3)\leq\frac{65}{9n}. \]

Il suffit d’avoir \(\frac{65}{9n}<0{,}01\), donc \(n>722{,}22\). Par exemple \(n=723\) convient. L’affirmation est donc fausse.

Exercice Bac 3 — Vaccination, contamination et conditionnement inversé

Durant une saison hivernale, \(2\,\%\) de la population d’un pays a été contaminée. Dans ce pays, \(90\,\%\) de la population a été vaccinée. On constate que \(62\,\%\) des personnes contaminées avaient été vaccinées.

On note \(C\) : « la personne a été contaminée » et \(V\) : « la personne a été vaccinée ».

Figure 3 : arbre pondéré avec premier niveau C et non C puis second niveau V et non V.
Figure 3 — Arbre pondéré. On distingue d’abord les personnes contaminées \(C\) et non contaminées \(\overline C\), puis les personnes vaccinées \(V\) et non vaccinées \(\overline V\).
  1. Repérer dans l’énoncé les probabilités données directement : \(P(C)\), \(P(V)\) et \(P_C(V)\).
  2. La phrase « les personnes contaminées avaient été vaccinées » donne-t-elle \(P_C(V)\) ou \(P_V(C)\) ? Justifier.
  3. Calculer la probabilité qu’une personne soit à la fois contaminée et vaccinée.
  4. Utiliser \(P(V)\) pour en déduire \(P(\overline C\cap V)\).
  5. On sait maintenant que la personne est vaccinée. Calculer la probabilité qu’elle ait été contaminée, puis interpréter le résultat.
  6. Dire si l’affirmation suivante est vraie ou fausse : « Plus de \(98\,\%\) de la population vaccinée n’a pas été contaminée. »
  7. On choisit \(20\) personnes au hasard et on note \(X\) le nombre de personnes contaminées.
    1. Justifier la loi suivie par \(X\).
    2. Calculer la probabilité que \(4\) personnes exactement soient contaminées.
Indice détaillé

Attention au sens du conditionnement : « parmi les contaminés, \(62\,\%\) étaient vaccinés » signifie qu’on est déjà dans le groupe \(C\). Donc c’est \(P_C(V)\).

\[ P(C\cap V)=P(C)P_C(V), \qquad P_V(C)=\frac{P(C\cap V)}{P(V)}. \]
Correction détaillée
\[ P(C)=0{,}02, \qquad P(V)=0{,}90, \qquad P_C(V)=0{,}62. \] \[ P(C\cap V)=P(C)P_C(V)=0{,}02\times0{,}62=0{,}0124. \] \[ P(\overline C\cap V)=P(V)-P(C\cap V)=0{,}90-0{,}0124=0{,}8876. \] \[ P_V(C)=\frac{P(C\cap V)}{P(V)}=\frac{0{,}0124}{0{,}90}\approx 0{,}0138. \]

Cela signifie qu’environ \(1{,}38\,\%\) des personnes vaccinées ont été contaminées.

\[ P_V(\overline C)=1-P_V(C)\approx 0{,}9862. \]

Donc plus de \(98\,\%\) des personnes vaccinées n’ont pas été contaminées. L’affirmation est vraie.

\[ X\sim\mathcal B(20;0{,}02). \] \[ P(X=4)=\binom{20}{4}(0{,}02)^4(0{,}98)^{16}\approx 0{,}0006. \]

Exercice Bac 4 — Jouets, tests de conformité et proportion

Une entreprise fabrique des jouets. Avant commercialisation, deux tests sont effectués : un test de fabrication et un test de sécurité.

  • \(95\,\%\) des jouets réussissent le test de fabrication.
  • Parmi les jouets qui réussissent le test de fabrication, \(98\,\%\) réussissent le test de sécurité.
  • \(1\,\%\) des jouets ne réussissent aucun des deux tests.

On note \(F\) : « le jouet réussit le test de fabrication » et \(S\) : « le jouet réussit le test de sécurité ».

  1. Identifier les données directement données par l’énoncé : \(P(F)\), \(P_F(S)\) et \(P(\overline F\cap\overline S)\).
  2. Comprendre la question \(P_{\overline F}(\overline S)\) : dans quel groupe se place-t-on d’abord ?
  3. Montrer que \(P_{\overline F}(\overline S)=0{,}2\).
  4. Calculer la probabilité que le jouet réussisse les deux tests.
  5. Calculer la probabilité que le jouet réussisse le test de sécurité.
  6. Sachant que le jouet a réussi le test de sécurité, calculer la probabilité qu’il ait réussi le test de fabrication.
  7. On prélève \(150\) jouets et on note \(S_{150}\) le nombre de jouets réussissant le test de fabrication.
    1. Donner la loi de \(S_{150}\).
    2. Calculer \(P(S_{150}=145)\).
    3. Traduire « au moins \(94\,\%\) des jouets réussissent » par une inégalité sur \(S_{150}\).
  8. Pour un lot de taille \(n\), on pose \(F_n=\dfrac{S_n}{n}\). Utiliser Bienaymé-Tchebychev pour déterminer une taille de lot à partir de laquelle la proportion est strictement comprise entre \(93\,\%\) et \(97\,\%\) avec une probabilité au moins égale à \(0{,}96\).
Indice détaillé

Pour \(P_{\overline F}(\overline S)\), on se place d’abord parmi les jouets qui ne réussissent pas le test de fabrication. Le dénominateur est donc \(P(\overline F)\).

\[ P_{\overline F}(\overline S)=\frac{P(\overline F\cap\overline S)}{P(\overline F)}. \]

Pour « au moins \(94\,\%\) sur \(150\) jouets », calcule \(0{,}94\times150\).

Correction détaillée
\[ P(F)=0{,}95, \qquad P_F(S)=0{,}98, \qquad P(\overline F\cap\overline S)=0{,}01. \] \[ P(\overline F)=1-0{,}95=0{,}05. \] \[ P_{\overline F}(\overline S)=\frac{0{,}01}{0{,}05}=0{,}2. \] \[ P(F\cap S)=P(F)P_F(S)=0{,}95\times0{,}98=0{,}931. \] \[ P(\overline F\cap S)=P(\overline F)-P(\overline F\cap\overline S)=0{,}05-0{,}01=0{,}04. \] \[ P(S)=P(F\cap S)+P(\overline F\cap S)=0{,}931+0{,}04=0{,}971\approx 0{,}97. \] \[ P_S(F)=\frac{P(F\cap S)}{P(S)}=\frac{0{,}931}{0{,}971}\approx 0{,}96. \] \[ S_{150}\sim\mathcal{B}(150;0{,}95). \] \[ P(S_{150}=145)=\binom{150}{145}(0{,}95)^{145}(0{,}05)^5\approx 0{,}109. \]

Comme \(0{,}94\times150=141\), « au moins \(94\,\%\) » signifie \(S_{150}\geq141\).

\[ P(S_{150}\geq141)\approx 0{,}781. \]

Pour \(F_n=\dfrac{S_n}{n}\) :

\[ E(F_n)=0{,}95, \qquad V(F_n)=\frac{0{,}0475}{n}. \]

L’événement demandé est \(0{,}93 \[ P(|F_n-0{,}95|\geq0{,}02)\leq\frac{0{,}0475}{0{,}02^2n}. \]

Pour avoir \(P(0{,}93 \[ \boxed{n=2969}\quad \text{convient.} \]

Exercice Bac 5 — Caisses automatiques, contrôles et erreurs

Dans un magasin, une caisse automatique déclenche parfois un contrôle. Un contrôle est total une fois sur dix. Lorsqu’un contrôle total est déclenché, une erreur est détectée dans \(30\,\%\) des cas. Lorsqu’un contrôle partiel est effectué, dans \(85\,\%\) des cas, il n’y a pas d’erreur.

On note \(T\) : « le contrôle est total » et \(E\) : « une erreur est détectée ».

  1. Traduire l’énoncé en probabilités : \(P(T)\), \(P_T(E)\), \(P_{\overline T}(\overline E)\), puis \(P_{\overline T}(E)\).
  2. On cherche la probabilité qu’un contrôle soit partiel et qu’une erreur soit détectée.
    1. Traduire la situation par une intersection.
    2. Repérer le chemin correspondant.
    3. Calculer cette probabilité.
  3. Calculer la probabilité qu’une erreur soit détectée lors d’un contrôle.
  4. Sachant qu’une erreur a été détectée, calculer la probabilité que le contrôle ait été total.
  5. Sur une journée, une caisse déclenche \(15\) contrôles indépendants. On note \(X\) le nombre d’erreurs détectées.
    1. Donner la loi de \(X\).
    2. Calculer la probabilité d’obtenir exactement \(5\) erreurs.
    3. Calculer la probabilité d’obtenir au moins une erreur.
  6. Déterminer le nombre minimal de contrôles pour que la probabilité de détecter au moins une erreur soit supérieure à \(99\,\%\).
  7. Trois caisses déclenchent chacune \(20\) contrôles. Les variables \(X_1\), \(X_2\), \(X_3\) suivent chacune \(\mathcal{B}(20;0{,}165)\).
    1. Calculer \(E(X_1)\) et \(V(X_1)\).
    2. Pour \(S=X_1+X_2+X_3\), justifier \(E(S)=9{,}9\) et \(V(S)=8{,}2665\).
    3. Utiliser Bienaymé-Tchebychev pour montrer que \(P(6\lt S\lt 14)\gt 0{,}48\).
Indice détaillé

« Dans \(85\,\%\) des cas, il n’y a pas d’erreur » pour un contrôle partiel signifie :

\[ P_{\overline T}(\overline E)=0{,}85, \qquad P_{\overline T}(E)=0{,}15. \]

Pour « au moins une erreur », il est plus simple d’utiliser l’événement contraire : aucune erreur.

Correction détaillée
\[ P(T)=0{,}10, \qquad P(\overline T)=0{,}90, \qquad P_T(E)=0{,}30, \qquad P_{\overline T}(E)=0{,}15. \] \[ P(\overline T\cap E)=0{,}90\times0{,}15=0{,}135. \] \[ P(E)=P(T\cap E)+P(\overline T\cap E) =0{,}10\times0{,}30+0{,}135=0{,}165. \] \[ P_E(T)=\frac{P(T\cap E)}{P(E)}=\frac{0{,}03}{0{,}165}\approx 0{,}18. \] \[ X\sim\mathcal B(15;0{,}165). \] \[ P(X=5)=\binom{15}{5}(0{,}165)^5(0{,}835)^{10}\approx 0{,}06. \] \[ P(X\geq1)=1-P(X=0)=1-(0{,}835)^{15}\approx 0{,}93. \] \[ 1-(0{,}835)^n>0{,}99 \Longleftrightarrow (0{,}835)^n<0{,}01. \]

La plus petite valeur qui convient est :

\[ \boxed{n=26}. \] \[ E(X_1)=20\times0{,}165=3{,}3. \] \[ V(X_1)=20\times0{,}165\times0{,}835=2{,}7555. \] \[ E(S)=3\times3{,}3=9{,}9, \qquad V(S)=3\times2{,}7555=8{,}2665. \]

On utilise \(10\) comme valeur de \(E(S)\). Alors :

\[ P(|S-10|\geq4)\leq\frac{8{,}2665}{16}=0{,}51665625. \]

Donc l’événement contraire vérifie :

\[ P(|S-10|<4)\geq1-0{,}51665625=0{,}48334375. \]

Or \(|S-10|<4\) équivaut à \(6\lt S\lt 14\).

\[ \boxed{P(6\lt S\lt 14)\geq0{,}48334375\gt 0{,}48} \]

Exercice Bac 6 — Allergies alimentaires, binomiale et inégalité de concentration

En 2020, \(17\,\%\) de la population des États-Unis habite en zone rurale et \(83\,\%\) en zone urbaine. Parmi les enfants vivant en zone rurale, \(6{,}2\,\%\) sont atteints d’allergie alimentaire. On sait aussi que \(9\,\%\) des enfants sont atteints d’allergie alimentaire.

On note \(R\) : « l’enfant habite en zone rurale » et \(A\) : « l’enfant est atteint d’allergie alimentaire ».

  1. Traduire les données de l’énoncé en probabilités : \(P(R)\), \(P(\overline R)\), \(P_R(A)\) et \(P(A)\).
  2. Calculer la probabilité que l’enfant habite en zone rurale et soit atteint d’allergie alimentaire.
  3. En utilisant la probabilité totale de \(A\), calculer la probabilité que l’enfant habite en zone urbaine et soit atteint d’allergie alimentaire.
  4. Sachant que l’enfant habite en zone urbaine, calculer la probabilité qu’il soit atteint d’allergie alimentaire.
  5. On interroge \(100\) enfants.
    1. Expliquer pourquoi le nombre d’enfants allergiques suit une loi binomiale.
    2. Calculer la probabilité qu’au moins \(10\) enfants soient atteints d’allergie alimentaire.
  6. Pour \(20\) enfants atteints d’allergie alimentaire, l’âge d’apparition des premiers symptômes est modélisé par des variables indépendantes d’espérance \(4\) et de variance \(2{,}25\). On pose : \[ M_{20}=\frac{A_1+A_2+\cdots+A_{20}}{20}. \]
    1. Dire ce que représente \(M_{20}\) dans le contexte.
    2. Calculer \(E(M_{20})\) et \(V(M_{20})\).
    3. Utiliser l’inégalité de concentration pour montrer que \(P(2\lt M_{20}\lt 6)\gt 0{,}97\).
Indice détaillé

« Zone urbaine » correspond à \(\overline R\). Pour trouver une probabilité conditionnelle en zone urbaine, on calcule d’abord l’intersection \(\overline R\cap A\), puis on divise par \(P(\overline R)\).

\[ P_{\overline R}(A)=\frac{P(\overline R\cap A)}{P(\overline R)}. \]

Pour une moyenne, l’espérance reste la même et la variance est divisée par le nombre de variables.

Correction détaillée
\[ P(R)=0{,}17, \qquad P(\overline R)=0{,}83, \qquad P_R(A)=0{,}062, \qquad P(A)=0{,}09. \] \[ P(R\cap A)=P(R)P_R(A)=0{,}17\times0{,}062=0{,}01054. \] \[ P(\overline R\cap A)=P(A)-P(R\cap A)=0{,}09-0{,}01054=0{,}07946. \] \[ P_{\overline R}(A)=\frac{0{,}07946}{0{,}83}\approx 0{,}0957. \] \[ X\sim\mathcal{B}(100;0{,}09). \] \[ P(X\geq10)\approx 0{,}4125. \]

\(M_{20}\) représente l’âge moyen d’apparition des premiers symptômes chez les \(20\) enfants considérés.

\[ E(M_{20})=4. \] \[ V(M_{20})=\frac{2{,}25}{20}=0{,}1125. \] \[ P(|M_{20}-4|\geq2)\leq\frac{0{,}1125}{2^2}=0{,}028125. \] \[ P(2\lt M_{20}\lt 6)=P(|M_{20}-4|<2) \geq1-0{,}028125=0{,}971875\gt 0{,}97. \]

Cela signifie que la probabilité que l’âge moyen d’apparition des symptômes soit compris entre \(2\) et \(6\) ans est supérieure à \(97\,\%\).

Partie IV — Bilan méthode

Cette partie sert de résumé final : l’élève doit reconnaître la situation, choisir le bon outil, puis rédiger une conclusion claire.

1. Reconnaître rapidement le bon outil

Ce que dit la question Ce qu’il faut comprendre Outil à utiliser
« Sachant que », « parmi », « sachant que l’évènement est réalisé » On travaille dans une population réduite à une condition. Probabilité conditionnelle
« La probabilité que deux événements arrivent en même temps » On cherche une intersection. \(P(A\cap B)=P(A)P_A(B)\)
« Tous les chemins qui mènent au même événement » On additionne plusieurs cas incompatibles. Formule des probabilités totales
« Les événements sont-ils indépendants ? » Il faut comparer une intersection avec un produit. \(P(A\cap B)=P(A)P(B)\)
« Choisir avec ordre » L’ordre des éléments change le résultat. Arrangement
« Choisir sans ordre » L’ordre des éléments ne change pas le résultat. Combinaison
« Répéter une même expérience indépendante » On compte le nombre de succès. Loi binomiale
« Au moins un succès » Le complémentaire est plus simple. \(P(X\geq1)=1-P(X=0)\)
« Moyenne de plusieurs variables » On divise une somme par \(n\). Moyenne d’échantillon
« Montrer qu’une probabilité est grande » On majore la probabilité de l’écart contraire. Bienaymé-Tchebychev / concentration

2. Formules essentielles à retenir

Thème Formule Condition importante
Probabilité conditionnelle \(P_A(B)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(A)}\) Il faut \(P(A)>0\).
Intersection avec un arbre \(P(A\cap B)=P(A)P_A(B)\) On multiplie le long d’un chemin.
Probabilités totales \(P(B)=P(A)P_A(B)+P(\overline A)P_{\overline A}(B)\) \(A\) et \(\overline A\) forment une partition.
Indépendance \(P(A\cap B)=P(A)P(B)\) Ne pas confondre avec incompatibilité.
Arrangement \(A_n^k=n(n-1)\cdots(n-k+1)\) L’ordre compte.
Combinaison \(\binom{n}{k}=\dfrac{n!}{k!(n-k)!}\) L’ordre ne compte pas.
Loi binomiale \(P(X=k)=\binom{n}{k}p^k(1-p)^{n-k}\) Répétitions indépendantes, même probabilité \(p\).
Espérance binomiale \(E(X)=np\) Interprétation : nombre moyen de succès.
Variance binomiale \(V(X)=np(1-p)\) Utile pour les inégalités de concentration.
Somme \(E(X+Y)=E(X)+E(Y)\) Pas besoin d’indépendance.
Variance d’une somme \(V(X+Y)=V(X)+V(Y)\) Valable si \(X\) et \(Y\) sont indépendantes.
Moyenne d’échantillon \(E(M_n)=E(X)\), \(V(M_n)=\dfrac{V(X)}{n}\) Variables indépendantes de même loi.
Bienaymé-Tchebychev \(P(|X-E(X)|\geq a)\leq\dfrac{V(X)}{a^2}\) On choisit \(a>0\).
Piège classique : la formule \(E(X+Y)=E(X)+E(Y)\) est toujours vraie, mais \(V(X+Y)=V(X)+V(Y)\) demande l’indépendance.
Attention : une loi binomiale n’est possible que si les répétitions sont indépendantes, avec deux issues possibles et une même probabilité de succès à chaque essai.